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Par Philippine Sander - Le 6 octobre 2014

Nous avons rencontré Eric, co-fondateur avec Bob et Alex de la marque streetwear Manhattame. Celle-ci donne un twist français aux quartiers de New York.

Paris a gardé une certaine forme de snobisme. Impossible néanmoins de vivre ailleurs. C’est trop beau. Exagérément pollué mais beau. Surtout la nuit.

Peux-tu nous expliquer le nom de ta marque ?

Manhattame est la contraction de Manhattan et de Paname. C’est une marque qui a pour objectif, à terme, de créer un petit sentiment d’appartenance, un affect chez les Parisiens qui aiment Big Apple et vice versa. Elle est destinée à ceux qui ne veulent pas se résoudre à choisir, en espérant que l’on réussisse une implantation là-bas dès lors que l’on couvrira un réseau de shops suffisant à Paris et, on l’espère, dans les grandes villes de province.

Nous étions devenus légitimes pour créer des produits qu’on avait envie de porter et qui seraient des clins d’oeil marrants à ces quartiers dans lesquels on vit.

Mais la marque s’adresse aussi plus généralement à tous les fans de streetwear qui aiment les produits simples, les coupes confortables, les coloris « mettables » et les messages décalés. Et à des prix qui ne soient pas délirants.

Quel a été le déclic pour vous lancer ?

Devant la montée de marques comme Pigalle Paris, Club 75 et d’autres marques parisiennes qui revendiquent leur amour pour la capitale, les inspirations musicales et couture, on s’est dit que nous aussi, nous étions devenus légitimes pour créer des produits qu’on avait envie de porter. D’autant plus qu’ils sont des clins d’oeil marrants à ces quartiers dans lesquels on vit. En Parisiens d’adoption (mais Parisiens quand même), nous nous sommes appropriés les codes de la capitale et qui sait, sommes devenus peut-être encore plus Parisiens que certains ? Cette phrase a d’ailleurs une touche condescendante propre au Parisien !

Il y avait de vrais concours de styles, chacun cherchant à avoir l’allure la plus cool sur sa planche, à porter le bon baggy, les bonnes shoes et surtout le t-shirt le plus remarquable.

Mais il fallait que ce soit des hommages indirects, qu’il y ait un petit truc en plus. Ce petit truc a finalement été une référence incontournable en matière de vibe streetwear : la grosse pomme. Alors, on a réfléchi à des mashups improbables et ça nous a plu. On a trouvé un atelier parisien compétent et on s’est lancé !

Pourquoi New-York ?

Je vis à Paris depuis 15 ans. Alex depuis un peu moins longtemps. Bob (le troisième associé) y est né. Avant d’arriver, j’ai vécu à NYC à la fin des années 90. A l’époque je skatais au Riverside skatepark, à la pointe Nord-Ouest de Central Park et je trouvais l’ambiance incroyable entre les kids. Outre les concours de tricks, il y avait de vrais concours de styles, chacun cherchant à avoir l’allure la plus cool sur sa planche, à porter le bon baggy, les bonnes shoes et surtout le t-shirt le plus remarquable.

Là, je me suis dit que les New-Yorkais avaient ce truc en plus : la culture streetwear, un choix incroyable parmi un nombre de marques très inventives. Bref, ils avaient du style. A Paris, le streetwear est un héritage : qu’il s’agisse d’influences hip hop ou skate, elles sont d’abord américaines même si elles trouvent leurs racines west coast avant d’avoir explosé dans tout le pays il y a 30 ou 40 ans. New York est aujourd’hui une référence : le marché du streetwear propose des choses pointues. Alex (co-fondateur) m’avait rendu visite là-bas (on était déjà potes à l’époque) sans savoir que cette expérience de vie allait déclencher un jour la naissance de Manhattame.

brooklyn         tuileries      bronx

Qu’aimes-tu dans la culture américaine que tu ne trouves pas en France ?

Aux US, encore une fois, le côté cool du hip hop et du skate ont donné lieu à l’éclosion de vêtements aux coupes loose, à la sacralisation des timberland qui se portent ouvertes, au positionnement des Jordan comme sneakers incontournables, bref à une sorte de décontraction urbaine (parfois exagérée). Tous les codes streetwear ou presque (car il y a le Japon aussi) viennent de là-bas.
La marque s’adresse aussi plus généralement à tous les fans de streetwear qui aiment les produits simples, les coupes confortables, les coloris « mettables » et les messages décalés.
J’ai l’impression que sans ça, les looks ne seraient pas les mêmes aujourd’hui en France. Mais en tant que capitale de la mode ayant accouché des plus grands couturiers, on a quand même la palme des matières, des proportions et de la qualité que les directeurs artistiques des grandes maisons insufflent dans leur gamme de prêt-à-porter. Le raffinement.

Qu’est ce qui est commun à Paris et New-York  selon toi ?

Les codes sont souvent les mêmes aujourd’hui. La musique, la (junk)food, le streetart, mais New-York reste plus rapide et plus inspirante je trouve. Paris a gardé une certaine forme de snobisme. Impossible néanmoins de vivre ailleurs. C’est trop beau. Exagérément pollué mais beau. Surtout la nuit.

Un Frenchie qui vous inspire ?

Cédric Naudon et son projet « la jeune rue ». C’est aussi ambitieux que génial.