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Par Mathieu - Le 19 octobre 2015

Jabberwoquoi ? Jabberwocky ! En 2013 ces trois étudiants poitevins en médecine nous livraient sans prétention aucune leur cultissime tube Photomaton. Ils viennent de remettre le couvert avec leur premier album Lunar Lane : douze chansons aux petits oignons accompagnées d’un show tout neuf qui vaut son pesant de cacahuètes. Testé et approuvé lors de leur première date à Angers, où on a profité pour les rencontrer.

On part systématiquement d’une page blanche, on repart à zéro à chaque morceau en changeant tous nos réglages.Simon

Où avez-vous grandi, quel est votre parcours musical à chacun ?

Manu : J’ai grandi dans un petit village à côté d’Angoulême, c’est là que tout a commencé. Avec Camille on était au collège ensemble, on jouait dans un petit groupe de rock et on a continué jusqu’à la fac. C’est là qu’on a rencontré Simon, commencé la musique électronique et formé Jabberwocky. Je fais de la guitare et de la basse depuis à peu près 10 ans et dans Jabberwocky je suis à la guitare, au pad et un peu au synthé.

Simon : Alors pareil moi ça commence dans un petit village mais dans le Berry, à Le Blanc. Je mixais dans mon coin jusqu’à ce que je rencontre les gars. On a commencé à bosser ensemble, il y avait du boulot, et depuis Jabberwocky je m’occupe des machines.

Camille : Je viens d’Angoulême aussi du coup, je fais du piano depuis plus de 15 ans maintenant et dans le groupe je suis aux synthétiseurs.

Photomaton était vraiment notre premier morceau, quand on l’a créé on ne pensait qu’à nos études, on ne se voyait pas faire du live.

Simon

Photo : Ojoz
Photo : Ojoz

C’était quoi les débuts de Jabberwocky sur scène ?

Simon : En fait Photomaton était vraiment notre premier morceau, quand on l’a créé on ne pensait qu’à nos études, on ne se voyait pas faire du live, mais on a eu beaucoup de demandes et on a fini par accepter. On s’est dit qu’on allait le faire et de là on a dû un peu se former sur le tas ! C’est comme ça qu’on s’est retrouvé à deux semaines de notre tout premier concert devant 3500 personnes. . . sans avoir répété.

Camille : On ne savait pas comment retranscrire nos morceaux sur scène ni quelle formation adopter. On avait tout, mais on ne savait pas comment s’organiser pour faire du live ! Mais on a rencontré notre ingé son qui nous a beaucoup guidé.

On a la chance d’avoir un doyen de fac vraiment super qui nous a donné des disponibilités et nous a dispensé de plein de choses qui ont fait qu’on pouvait continuer à faire de la musique.
Simon

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À quoi ressemble la journée d’un Jabberwocky ?

Camille : Eh bien on a eu plusieurs périodes cette année donc ça dépend ! Il y a eu d’abord eu celle pendant laquelle on a enregistré l’album ; comme on était en home studio on était tout simplement enfermé chez moi à Poitiers. On se retrouvait tous les matins, on s’enfermait et on jouait toute la journée. Ça pendant 5-6 mois le temps d’enregistrer l’album.

Simon : Après on a eu la période tournée, avec Ricard, on a passé trois semaines dans un bus à aller de ville en ville avec toute l’équipe, c’était hyper cool ! Puis on a décidé de commencer à bosser notre live pour la sortie de l’album, on a fait deux résidences dont la dernière à Angers qui est notre première date pour la tournée.

Des mecs que tu écoutais tout seul dans ta chambre et qui un an après viennent te voir pour te dire qu’ils aiment beaucoup ce que tu fais, vraiment, c’est top !Camille

Après le succès de Photomaton vous étiez attendu au tournant pour la suite, comment ça s’est passé ?

Simon : En fait on a d’abord réuni toute l’équipe pour se lancer, et ensuite on s’est demandé ce qu’il était possible de faire niveau études pour qu’on ne soit pas bloqués. On a la chance d’avoir un doyen de fac vraiment super qui nous a donné des disponibilités et nous a dispensé de plein de choses qui ont fait qu’on pouvait continuer à faire de la musique et reprendre ensuite sans que ça pose trop de problèmes. Il nous soutient beaucoup.

On se retrouvait tous les matins, on s’enfermait et on jouait toute la journée.

Manu : Après on s’est dit que Photomaton était vraiment notre toute première compo et qu’il fallait qu’on prenne notre temps. C’est pour ça qu’on a mis un moment à sortir d’autres morceaux, on voulait vraiment qu’il y ait une patte recherchée et qu’on ressente l’évolution.

On passe beaucoup de temps à rechercher la matière qui donnera les sonorités particulières, originales, que l’on souhaite.Camille

Vos morceaux justement sonnent « ultracomplets » on pourrait reconnaître un Jabberwocky entre mille. Pourquoi selon vous ?

Simon : Ce côté « complet », sans vide, est dû au principe même de Jabberwocky. On fait appel à des chanteuses et on ne veut pas que nos bases instrumentales servent uniquement leur voix mais plutôt l’inverse, que leur voix viennent se poser sur nos compositions.

Camille : En plus, les instrus sont bossées en deux étapes. On travaille d’abord la base, et après on passe beaucoup de temps à rechercher la matière qui donnera les sonorités particulières, originales, que l’on souhaite. On est vraiment content des premiers retours qu’on a eu. On a réussi à garder la cohérence qu’on recherchait alors que les morceaux, avec tous ces featurings, ne se ressemblent pas.

Simon : Pour les gens qui ne nous connaissent pas bien, je pense qu’il faut plusieurs écoutes avant de capter notre patte. On part systématiquement d’une page blanche, on repart à zéro à chaque morceau en changeant tous nos réglages, mais on arrive quand même à rester cohérents et c’est ce qu’on voulait.

On essaie de se faire un répertoire de voix de chanteuses. On note dès qu’on en entend une qui nous plait et hop on se met au boulot pour voir ce que ça nous inspire.Simon

Aucun de vous ne chante, comment trouvez vous vos « voix » et comment travaillez-vous avec elles ?

Camille : Tout dépend des titres et de leur flow. Sur Alastor par exemple, Mai Lan a choisi sa mélodie, ça lui est venu instinctivement du coup on l’a laissé faire. Sinon on travaillait les lignes de chant et Manu faisait les voix témoin sur Pola, Photomaton ou Holding Up.

Simon : Et pour les trouver on essaie de se faire un répertoire de voix de chanteuses. On note dès qu’on en entend une qui nous plait et hop on se met au boulot pour voir ce que ça nous inspire. On envoie une ou plusieurs ébauches à l’artiste et s’il est chaud on commence à travailler ensemble sur le morceau.

Le truc qui est vraiment cool depuis le début de Jabberwocky ?

Simon : Le fait de retrouver son nom affiché en grand à côté de groupes que tu adores. De se retrouver sur les même line-up que Flume, Bondax, Disclosure. . . tu te dis que c’est quand même vraiment cool ce qui t’arrive.

On a la chance de travailler avec des gens qui correspondent totalement à notre univers.

Manu

Camille : Des mecs que tu écoutais tout seul dans ta chambre et qui un an après viennent te voir pour te dire qu’ils aiment beaucoup ce que tu fais, vraiment, c’est top !

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Des clips, un album, une tournée. . . il est encore un peu tôt mais c’est quoi le prochain projet ?

Manu : Il va y avoir d’autres clips déjà ça c’est sur ! On a la chance de travailler avec des gens qui correspondent totalement à notre univers ; je pense à Ugo Bienvenu et Kévin Manach qui ont fait l’artwork de l’album et les clips de Fog et Holding Up. On a des projets de live session aussi, des choses un peu moins “visuelles”.

Camille : Et puis en travaillant le nouveau live on a eu des nouvelles idées pour la suite, on ne sait pas encore ce que ce sera. . . un EP, un album. Ça arrivera surement plus rapidement qu’on ne le pense.

Simon : Et sinon ce qu’on aimerait beaucoup faire, c’est collaborer avec un artiste pour faire un EP. Un chanteur, une chanteuse, ou même un producteur. Travailler avec un autre artiste ça nous plairait vraiment.

Vous pensez à qui par exemple ?

Simon : On écoute vraiment de tout donc on reste assez ouvert là dessus. L’idéal serait quelqu’un qui n’est pas dans le même style que nous pour créer vraiment quelque chose d’intéressant.

Les Vieilles Charrues, c’était la fois où on a eu la plus grosse affluence, environ 16000 personnes. On s’est dit wooow !Manu

On a aussi interviewé Félix et Étienne de Pain Suprises, votre label : comment vous êtes-vous rencontrés ?

Camille : On s’est rencontré au lancement de Photomaton, en démarchant des labels on est tombé sur Pain Surprises. On ne savait pas trop ce qu’ils faisaient, surtout des soirées à l’époque, mais on avait quand même tenté le coup. Ils nous ont répondu assez vite et il s’avère que c’était au moment où ils lançaient leur label. La musique leur plaisait et ils nous proposaient ce qu’on recherchait : la possibilité de tourner des clips, bénéficier de leur jolie visibilité, nous faire jouer à leurs soirées etc. On a aussi bien aimé aussi le délire « en famille » et « do it yourself ».

D’ailleurs on a rapidement tourné le premier clip après avoir signé, on avait fait ça ensemble dans un tout petit squat, en deux jours, la semaine d’après on devait retourner en stage pour nos études, c’était l’époque où on faisait un peu tout en même temps. C’est toujours une affaire qui roule même si on est un peu plus autonome aujourd’hui.

Photo : Ludovic Zuilli
Photo : Ludovic Zuilli

Votre meilleur souvenir à chacun dans toute cette aventure ?

Manu : Les Vieilles Charrues, je crois qu’on est unanime là dessus. C’était la fois où on a eu la plus grosse affluence, environ 16000 personnes. On s’est dit wooow ! C’était assez marquant et vraiment hyper cool.

Camille : Quand Photomaton est passé à la télé et à la radio pour la première fois aussi !

Si Jabberwocky était un fromage français ?

Simon : Euuuh du brie aux truffes ? C’est bon ça non ?

À côté d’Angers, on aime bien aller au Port de l’île. Il faut prendre un petit bac pour y accéder et c’est vraiment cool là-bas. Camille

Un lieu en France à nous faire découvrir, où vous aimez vous ressourcer ?

Manu : Eh bien Angers justement. On a des super potes qui ont terminé leurs études de médecine et qui sont maintenant internes ici – Julien et Laurine, on vous fait des bisous d’ailleurs – du coup quand on a un weekend de libre on vient les voir. C’est notre weekend détente ressource.

Camille : À côté d’Angers aussi, on aime bien aller au Port de l’île. Il faut prendre un petit bac pour y accéder et c’est vraiment cool là-bas.

Votre dernière claque musicale frenchy ?

Simon : Kazy Lambist et Douchka j’aime bien.

Manu : Rone aussi, le papa, on a eu un remix de lui on était vraiment fiers on l’aime beaucoup.

Merci les gars !

Pour choper Lunar Lane c’est par par ici ! Sinon vous pouvez retrouver Simon, Manu et Camille sur Facebook et Instagram. Merci à Exit Music pour l’accueil !

Interview réalisée par Mathieu Maugret.