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Par Mathieu - Le 9 octobre 2015

Depuis deux étés maintenant il répand son flot de happy music dans les plus grands festivals du monde : Klingande. Une blondeur et un nom qui nous semblent tout droit importés de Scandinavie, il est pourtant un pur produit frenchy ! Nous avons réussi à rencontrer Cédric lors de son unique date à Paris cet été.

Ça a toujours été très progressif comme ascension du coup j’ai pu bien garder les pieds sur terre !

Qui était Klingande à ses débuts, avant d’en arriver jusque là ?

Klingande, à ses débuts, était un étudiant tout à fait normal ! J’ai commencé à faire de la musique il y a 6 ans, dans ma chambre, c’était juste un hobby, un truc en parallèle de mes études à Lille. J’ai enchainé sur une année de césure à Londres où j’ai suivi une formation de producteur de musique, histoire de voir si j’avais des chances de pouvoir en faire ma vie. En revenant je m’y suis remis à fond et c’est là que tout a vraiment commencé – avec mes titres Punga et Jubel. J’avais intégré une licence aussi, juste au cas où ça ne le ferait pas. J’ai dû finalement tout arrêter, en plein pendant mon stage, à cause des trop nombreux concerts programmés, on était fin 2012.

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Quel est le moment qui a fait que tout s’est accéléré ?

C’est clairement la sortie de Jubel. Je l’avais faite dans ma chambre, il n’y avait rien de pro à l’époque, c’est même la soeur d’un pote qui chante ! Je l’ai mise sur Soundcloud, elle a été relayée et tous les labels sont venus me voir dans la foulée ! Sony, Universal, Warner, j’ai eu le luxe d’avoir le choix c’était fou. A la base les labels ne viennent pas à toi, sauf s’il se passe vraiment un truc !

Peut-on dire que tu gères ta carrière, ton image, comme tu gères une entreprise ?

Oui, je n’aime pas trop cette image-là, mais en soit c’est ça ! J’ai une équipe, un manager, un graphiste, un caméraman, on fait la promo sur Facebook, on bosse avec une boîte de RP. Comme pour une entreprise on essaie de rester vivant sur le web, on a un budget pour ça, il y a tellement de domaines que oui, ça peut ressembler à une entreprise !

On bosse sur l’album aujourd’hui, j’ai vraiment envie de raconter une histoire donc je vais prendre mon temps.

Tu n’as fait que peu de titres mais ils ont tous cartonné depuis 2013, comment travailles-tu ?

C’est avant tout une idée qui m’a plu à un moment donné, une idée que je vais retranscrire en musique. Je ne peux pas me poser devant mon ordi, partir de rien et me lancer. On bosse sur l’album aujourd’hui, j’ai vraiment envie de raconter une histoire donc je vais prendre mon temps et continuer comme je le fais, jusqu’à ce qu’il soit vraiment comme je le veux.

Je n’y connaissais rien, je ne connaissais personne.

klingande

Ta rencontre la plus marquante ?

Mon manager, c’est la première rencontre que j’ai faite. Il est venu à moi juste après avoir sorti mon premier morceau. Quand je lui ai fait écouter le deuxième, il a tout de suite accroché. Il n’était pas vraiment manager à la base, mais il m’a proposé qu’on bosse ensemble et j’ai dis go ! Je n’y connaissais rien, je ne connaissais personne. Aujourd’hui on est toujours ensemble, on a grandi ensemble et si on en est là maintenant c’est en grande partie grâce à lui. On a vraiment évolué main dans la main, on s’est porté mutuellement.

Un artiste avec qui tu aimerais beaucoup collaborer ?

J’adorerais travailler avec Flume, c’est tellement fort ce qu’il fait ! Il a une vraie identité et un univers complètement fou.

J’attends vraiment que des mecs à la hauteur de Justice reviennent sur le devant de la scène pour relancer la machine.

klingande

Il se passe plein de trucs dans la musique électronique en ce moment. La French Touch s’est tassée pour laisser place à d’excellents artistes du monde entier. Penses-tu prendre place parmi ce qu’il reste de notre French Touch ou bien cherches-tu à t’en détacher ?

Je ne sais pas trop où ils sont passés c’est vrai ! Je ne sais pas ce qu’ils nous préparent, j’espère que ça va envoyer, j’attends vraiment que des mecs à la hauteur de Justice reviennent sur le devant de la scène pour relancer la machine. C’est aussi un phénomène de mode donc ça devrait revenir j’en suis certain.

A la base les labels ne viennent pas à toi, sauf s’il se passe vraiment un truc !

Sinon il y a beaucoup d’artistes qui se proclament faire partie de la French Touch et je trouve ça un peu arrogant. Quand on me dit French Touch, je pense vraiment aux anciens qui sont là depuis le début, qui ont créé le mouvement. Je ne sais pas si pour moi c’est une histoire de French Touch. Même si, je suis d’accord, il y a beaucoup d’artistes français qui commencent à émerger dans le même style. On ne peut pas nous assimiler à ceux qui jouaient avant. . . Est-ce que c’est vraiment une nouvelle French Touch, c’est encore flou, pour moi ça vient plus de l’Allemagne que de la France.

Je n’ai pas vraiment le temps de me poser avec mes amis, ma famille et réaliser que tout ce qui se passe est vraiment fou.

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Ton meilleur souvenir dans cette aventure sous le nom de Klingande ? Un concert marquant ?

Ma première date, un show pour Alti-glisse, un évènement au cours duquel plein d’écoles de commerce se rejoignent à la montagne pour faire la fête. J’ai mixé entouré de neige devant une foule de malade, j’étais tellement en stress ! Je connaissais pas le matos sur lequel je jouais, j’ai du apprendre à m’en servir pendant le soundcheck l’après-midi. Après il y en a eu beaucoup d’autres certes, mais celui-ci m’a marqué parce que c’était le premier.

J’ai commencé à faire de la musique il y a 6 ans, dans ma chambre.

Sinon j’ai aussi fait l’Ultra, Tomorrowland, des trucs qui sont complètement délirants, mais qui ne m’interpellent pas plus que ça finalement. Par exemple, j’ai rejoué cette année à Tomorrowland et je ne réalise même pas. Ça a toujours été très progressif comme ascension du coup j’ai pu bien garder les pieds sur terre. Même si ça peut sembler contradictoire, je pense que c’est lié au fait que je sois toujours loin de chez moi, toujours en train de bouger partout. Je n’ai pas vraiment le temps de me poser avec mes amis, ma famille, et réaliser que tout ce qui se passe est vraiment fou.

J’ai l’impression que les festivals français ne supportent pas vraiment les artistes nationaux.

klingande

Si tu pouvais choisir un endroit, un festival de rêve pour jouer, ce serait lequel ? Avec quels autres artistes à l’affiche ?

Coachella ce serait bien ! Ou le Main Square aussi mais je n’ai malheureusement jamais été contacté. Peut être parce que je suis français ? Je ne sais pas ce qu’ils recherchent exactement, mais j’ai l’impression que les festivals français ne supportent pas vraiment les artistes nationaux comparé à la Belgique par exemple. Du coup en France c’est dommage mais c’est l’un des pays où j’ai le moins bien marché, alors qu’en Allemagne, en Suède, en Australie, tout roule ! J’ai même été disque d’or en Italie !

Comme je suis toujours en déplacement je cherche de nouvelles chansons dans les transports.

Quand un public te soutient tout est vraiment différent. Ce n’est pas un coup de gueule hein ! C’est plus une incompréhension, je ne comprends pas vraiment pourquoi, une question de timing peut-être, ou de travail en aval. Tu sais quand tu vis ça de l’intérieur, tu te remets beaucoup en question.

Comment appréhendes-tu tes lives, comment les prépares-tu au quotidien ?

Comme je suis toujours en déplacement je cherche de nouvelles chansons dans les transports. Je mixe toujours des chansons en harmonie sans faire de transitions choquantes d’un style à un autre. Du coup j’ai énormément le temps de travailler mes sets avant d’entrer en scène et je les change quasiment tous les jours. Sinon quand j’ai des musiciens avec moi je m’adapte simplement pour que ce soit bien équilibré.

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As-tu un projet de rêve à mener en lien avec la musique ?

J’aimerais beaucoup me créer plusieurs alias pour faire différents styles de musique comme de la techno ou autre. Des styles de musique que je ne pourrais pas faire sous Klingande. J’ai pas mal de chansons en attente que je sortirai quand j’aurai plus de temps.
J’ai besoin de ça pour pouvoir vraiment m’exprimer, Klingande c’est de la happy music, tu n’as pas envie forcément de vouloir faire un truc mélodique tous les jours.

L’album est en route alors ?

Je bosse l’album en ce moment oui, je viens de passer deux jours en studio. C’est vraiment un truc que je veux faire et que je veux faire bien ! Pas dans la précipitation, j’ai envie de raconter une vraie histoire dans cet album. J’espère qu’il sera prêt pour mars et qu’un single pourra sortir bientôt. Je ne veux pas vraiment me fixer de date, je veux sortir ça quand je serai content.

Ça va être quelque chose d’hybride, teinté de blues et de touches de deep house.

Toujours dans le même style ?

Je ne sais pas vraiment. Tu vois par exemple le dernier morceau, je ne savais même pas que j’allais y mettre de l’harmonica ! Il y a eu plein de versions différentes de l’album et à la base c’était un truc qui n’avait rien à voir. J’ai mis un an à le finir, et finalement ça va être quelque chose d’hybride, teinté de blues et de touches de deep house.

Si Klingande était un fromage ?

La mozzarella, ce n’est pas français je sais, mais c’est léger, c’est fin et ça se mange sans faim.

klingande

Un lieu en France où tu puises ton inspiration, où tu aimes aller prendre l’apéro ?

J’adore aller dans une ville sur la côte d’Opale qui s’appelle Hardelot, c’est à 15-20 minutes en voiture du Touquet. C’est un petit bled et c’est tellement calme là-bas ! J’essaie d’y aller avec mes potes ou en famille dès que j’ai un peu de temps.

Un artiste français que tu écoutes en ce moment à nous faire découvrir ?

Alors j’aime beaucoup le dernier album de Nekfeu ! Je le suis depuis le début et on sent bien l’évolution depuis l’Entourage, c’est vraiment intéressant, il devient un vrai artiste. Pour l’avoir beaucoup suivi je sais que c’est quelqu’un d’intelligent, cultivé, il sait ce qu’il fait, il y a une logique dans les morceaux. Bref, je trouve ça super cool !

Merci Cédric !

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