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Par Mathieu - Le 27 mai 2016

« Ce qui est bien avec Morgan et Antoine, c’est qu’à peine arrivés ils promettent déjà beaucoup. Un peu comme lors d’un départ en voyage avec la vue qu’offre le hublot de l’avion sur le point d’atterrir : des terres inconnues à perte de vue, et leur nom de groupe qui prend tout son sens. » voilà ce qu’on disait sur eux dans notre Radio Frenchy #2, et on a voulu creuser. Aujourd’hui, c’est la sortie de leur dernier titre Dead White Tree, et c’est à leur tour de nous parler.

On a parlé de story-telling, de jolies filles, de voyages au Sri Lanka… et du clip de Dead White Tree, qui vient tout juste de sortir donc.

Je me suis toujours dis que si la musique ne fonctionnait pas je pourrais quand même rester dans le milieu.
Antoine

Où avez-vous grandi, quel est votre parcours à chacun ?

Antoine : J’ai grandi en Bourgogne où j’ai appris la guitare et le chant. Le chant pour m’amuser, la guitare au conservatoire. J’ai commencé assez tôt, vers 6-7 ans, donc une formation un peu plus classique. Je suis monté à Paris il y a 7 ans à peine.

Morgan : Moi j’ai grandi à Angers, j’ai une formation plutôt autodidacte, mais complète. . . je me suis mis à la musique beaucoup plus tard. J’ai fait comme beaucoup de gens quand tu arrives au lycée : tu t’achètes une guitare et tu commences à chanter et à jouer des morceaux dans ta chambre. Au final tu évolues de manière assez autodidacte. Ensuite j’ai eu quelques groupes puis j’ai bougé à Paris comme Antoine. Plutôt inactifs musicalement encore, on cherchait à faire des rencontres : on s’est rencontrés, puis on s’est mis à bosser ensemble. Pour ce qui est du chant, on a eu la chance de rencontrer des profs grâce à Bel Plaine.

Et si vous n’aviez pas eu la musique dans votre vie, quel aurait été votre parcours ?

Antoine : Je sors d’une école d’ingénieur du son, je me suis toujours dis que si la musique ne fonctionnait pas je pourrais quand même rester dans le milieu. Ça aurait donc été travailler en studio, enregistrer des albums, mais pas pour moi du coup.

Morgan : En ce qui me concerne ça aurait plutôt été une activité liée à l’écriture, en parallèle je suis auteur d’auto-descriptions. J’écris pour le Cinéma, ça aurait donc été une activité artistique et créative. . . d’écriture.

Vous sortez un EP, quelle est l’histoire derrière ce projet ?

Morgan : Jusqu’à quand remonter ? C’est un album que l’on bosse depuis 2 ans, mais en vérité depuis qu’on s’est rencontrés donc 5 ans 1/2.

Antoine : L’EP c’est vraiment une preview de l’album. Ça n’est pas vraiment quelque chose à part et ça s’inscrira dans la continuité de l’album.

C’est votre premier EP ?

Antoine : C’est le deuxième. Le 1er on l’avait auto-produit et enregistré dans une ferme. Dans le Lot exactement.

Morgan : Celui-ci est produit avec le label. Il y a deux ans on a signé avec Wagram, et à partir de là on a commencé un nouveau processus de création et de production avec eux. Ce sont donc des chansons qui remontent à notre rencontre. Jusqu’à maintenant on s’était aussi débrouillés seuls pour la production, mais cette fois on a décidé de travailler avec un réalisateur, Julien Delfaud. Ça n’est pas un choix pour rien, c’est vraiment la personne avec qui nous souhaitions bosser.

Antoine : On est fans de sa discographie et des artistes avec lesquels il a bossé. Sur tous les albums de Phoenix notamment, pour qui il a enregistré, réalisé et mixé. Il a également travaillé avec Woodkid, The Shoes, Gaëtan Roussel, Revolver et beaucoup d’autres artistes.

Morgan : Beaucoup d’artistes qui ont vraiment un impact dans la Pop, du moins dans la Pop française. On avait peut être des accents un peu Folk avant, là on a gardé des guitares acoustiques et il nous a aidé à muscler le son. Avec lui on a développé un Bass-Batterie assez percutant, dans une démarche d’enregistrement assez live, assez brute, pour que ça sonne très vivant et pas trop produit.

On a constitué une équipe de live qui nous correspond, on veut faire un truc assez enflammé, qui envoie vraiment.Morgan

Qui sont vos batteurs et bassistes ?

Antoine : On travaille avec des équipes différentes.

Morgan : entre lives et album ce ne sont jamais les mêmes personnes.

Et ça n’est pas trop compliqué à gérer ?

Antoine : C’est plutôt enrichissant, tu travailles avec différentes personnes qui apportent plein de choses au projet.

Morgan : Ce sont des personnes compétentes qui s’accommodent très vite, donc tu apprends plein de choses à chaque fois.

Donc ce format là vous convient. Vous ne cherchez pas à intégrer de nouveaux musiciens à votre formation ?

Morgan : Pour le moment on a envie de continuer à travailler à deux, si ça se passe bien avec l’équipe qu’on a en live on restera sûrement avec eux. Les gens avec qui on a bossé en studio sont des personnes avec qui on a vécu l’aventure en studio, mais qui continuent après leur chemin, ils sont très pris. De notre côté on a constitué une équipe de live qui nous correspond, on veut faire un truc assez enflammé, qui envoie vraiment.

L’idée c’est surtout de ne pas juste jouer les chansons !Morgan

Donc il va y avoir une grosse tournée derrière ?

Antoine : Elle n’est pas encore prévue, puisque l’album sortira après l’été, mais en tout cas le concert à la Boule Noire va être une véritable annonce. C’est d’ailleurs un peu notre objectif: montrer à la Boule Noire ce que va être la tournée derrière.

Et les dates ?

Antoine et Morgan : Le 20 septembre ! (concert décalé)

Morgan : Elle a déjà été annoncée. On travaille pour faire quelque chose de très énergique, à l’image des groupes qu’on aime bien en live. Comme Arcade Fire, ils sont tous fougueux, décomplexés sur scène, et ils chantent tous. . . qu’ils sachent chanter ou pas.

Antoine : On a envie que ça soit une vrai fête le live, donc on essaie de prendre des musiciens qui vont nous aider à faire ça.

Des petites idées de trucs cools qui sortent du lot ?

Antoine : Pas trop de teasers pour le moment. C’est en les essayant qu’on saura vraiment si c’est cool ou pas, mais on a plein d’idées. Pas mal de Web de mis en place, on a travaillé les chansons pour l’album, maintenant on va les travailler pour le live. C’est finalement un travail de recomposition.

Morgan : L’idée c’est surtout de ne pas juste jouer les chansons !

Quelle est votre processus créatif ? Y a-t-il d’autres Arts/artistes qui vous inspirent que la musique et en quoi ?

Morgan : Il y a tout qui nous inspire. Comme tu l’as dit, et comme beaucoup de gens, nous sommes sensibles à d’autres Arts tels que l’écriture ou le cinéma. En ce qui nous concerne nous c’est quand même d’avantage la vie de tous les jours, les gens qu’on va rencontrer, et bien sûr les voyages. Les moments où l’on part composer on essaye de s’éloigner, exemple avec notre album dans le Lot. Ou une autre fois sur une île au large de la Rochelle pendant une semaine pour composer des chansons.

Antoine : On est partis en tournée au Sri Lanka aussi, et on a pas mal voyagé ensemble.

Morgan : Nos chansons sont vraiment des petites chroniques, on a beaucoup écouté de Folk et c’est bien ce que ça représente : le « Story telling », c’est pour ça que tu vas retrouver une de nos chansons sur le Costa Rica, l’autre sur le Sri Lanka, une autre écrite sur petite île de l’Océan Atlantique, « Ahava » (« Amour » en hébreux). Elle parle de deux filles que l’on a rencontré sur une île paradisiaque au Sri Lanka. Il n’y avait personne à part elles deux, on a discuté avec elles. Elles lisaient des bouquins en hébreux et nous ont raconté qu’elles voyageaient depuis des mois. Elles avaient un truc assez fort dans le regard, si bien que lorsqu’on a quitté l’île en vieux bateau à moteur – après quelques galères – on s’est dit qu’elles étaient « oufs » et qu’on devrait en écrire une chanson. Elles avaient visiblement fuit leur maison en Israël et voyagé un peu partout depuis.

Et comment travaillez-vous ? J’imagine que vous ne disposez pas encore de tout le matériel dont dispose déjà certains artistes.

Antoine : On travaille beaucoup dans ma chambre à vrai dire.

Morgan : C’est ça, mais peu importe, toujours la guitare à la main. Après pour l’album, on est partis à la campagne et on a monté un petit studio dans une cave avec tous les instruments et pédales possibles pour faire les « démos ». Le live sera davantage tourné vers le Pop-Rock que l’Indie.

Antoine : Il y aura de tout dans l’album oui, batteries, claviers, bass, etc. À l’image de la chanson Life boat.

On est hyper potes, et au lieu de jouer à FIFA on joue de la musique et on prend du plaisir.
Antoine

Qu’est ce qui vous a poussé à ne rien lâcher ?

Antoine : La Passion, la signature chez Wagram, les vues sur le clip, mais avant tout parce que l’on est passionnés par la musique. On en joue depuis longtemps, juste l’envie de faire de la musique, de passer des bons moments ensemble. On est hyper potes, et au lieu de jouer à FIFA on joue de la musique et on prend du plaisir.

Morgan : Il y a aussi l’excitation de jouer une chanson devant les gens, ça te donne envie d’y retourner à peine sorti d’un concert. L’idée de re-proposer quand le public en redemande. Et maintenant qu’il y a le Live qu’on a travaillé ensemble, arranger les morceaux, le petit casse-tête de la composition, l’influence d’autres musique, etc. Tout ça est très excitant !

Comment imaginez-vous votre avenir musical par la suite ? Comptez-vous vous ouvrir à d’autres styles ou rester sur cette lancée, créer de nouvelles choses ?

Morgan : Il est encore un peu tôt pour se projeter tant que le premier album n’est pas sorti. Mais oui on a très envie de composer plein d’albums, plein de musiques et on compte évoluer.

Antoine : On a très envie d’explorer d’autres univers mais on a encore plein de choses à faire avec Bel Plaine. Les influences varient tellement. On a terminé l’enregistrement de l’album il y a déjà un an, on a déjà recomposé beaucoup de titres.

Morgan : Même s’il est un peu tôt on est assez intéressés par les collaborations, on l’a déjà fait avec des gens qui font de l’électro.

Avec qui aimeriez-vous beaucoup jouer ?

Morgan: Il y a deux opposés. J’adorerais jouer sur un festival où tu joues en extérieur sous le soleil avec des palmiers autour vue notre musique assez solaire.

Antoine : Genre la scène de Coachella haha ça fait rêver. Mais je serais tout aussi excité de faire un concert en Islande, à Reykjavik, il y a un festival qui s’appelle le Iceland Airwaves, 400 concerts pendant 4 jours dans la ville.

Et quelles chansons ?

Morgan : J’adorerais ouvrir pour Phoenix ! Ou Arcade Fire pour jouer une chanson sur scène avec eux.

Antoine : Ou une chanson des Strokes

Quelqu’un que vous souhaiteriez remercier en particulier ?

Antoine : Julien Delfaud, encore lui, il nous a vraiment beaucoup apporté sur la vision qu’on avait de la musique et notre manière de travailler. Il a fait grandir le projet.

Morgan : Il nous a donné la couleur, il nous a beaucoup amené à poursuivre notre réflexion sur le son que l’on voulait faire. C’était notre premier album, nous n’avions pas beaucoup d’expérience en studio. Son travail et celui des musiciens nous a beaucoup appris. Une vraie école !

Et cette période avec lui a duré combien de temps ?

Antoine : Ça a été un peu long, ça a duré 3 mois!

Et si vous deviez retravaillez avec lui vous y retourneriez les yeux fermés ?

Antoine : Oui ! Mais tout dépend des chansons, du projet. Ça serait un plaisir de rebosser avec lui. . . il y a quand même de grandes chances pour que ça se re-fasse.

Il poste de temps en temps quelques vidéos où on le voit sur le toit de son van en train de répéter son set, il se pose sur une place n’importe où pour faire de la musique en public.Morgan

Un lieu où vous aimez vous poser en vacances, vous reposer ?

Antoine : La Bourgogne, ça ne fait pas rêver, mais à Nevers particulièrement. Le français du film « Hiroshima mon Amour » en vient justement, enfin je crois.

Un artiste français à nous faire découvrir ?

Morgan : Møme, son histoire m’a vraiment plus quand il nous l’a raconté, et j’ai trouvé ça super ambitieux ! Il est parti habiter 8 mois en Australie, il s’est acheté un van et a construit un studio. Il sillonne en ce moment encore le pays, en road trip, en composant son album avant de revenir en France pour le sortir. Il poste de temps en temps quelques vidéos où on le voit sur le toit de son van en train de répéter son set, il se pose sur une place n’importe où pour faire de la musique en public. Son son nous parle car il est frais, accrocheur, c’est très Chill. Ça a sûrement le même effet que notre musique mais dans un tout autre registre, ce qu’ils appellent le Chill-Wave.

Merci les gars !