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Par Alexandre du Gardin - Le 20 juillet 2021

La peur. Sans doute l’une des émotions avec laquelle les réalisateurs jouent le plus au cinéma… Il n’est pas toujours facile de faire rire, pleurer, ou encore de rendre le spectateur heureux. En revanche, on est absolument tous capable de faire peur ! Mais si rappelez-vous quand vous étiez petits, que votre frangin ou sœur adorée se rendait aux toilettes lors d’une nuit d’hiver sans bruit, et que vous vous empressiez de le / la suivre sur la pointe des pieds, attendant sa sortie pour le / la réceptionner avec un énorme « BOUH !!! » des familles, qui le / la faisait hurler à pleins poumons…

La peur est une sensation que l’on recherche tous plus un moins activement : que ce soit à bord d’une montagne russe, dans une maison hantée, ou encore dans une salle de cinéma. Une quête d’adrénaline qui s’opère grâce à la fameuse catharsis – coucou les étudiants en ciné qui nous comprennent ! Pour fêter la Palme d’or décrochée par Julia Ducournau, nous avons souhaité rendre hommage à ce genre assez sous-côté en France, et vous présenter 6 de nos films d’horreur frenchy favoris ! Petit avertissement : nous allons parler de films qui s’adressent à un public averti donc du gore, du sale, du moche, même un peu de torture physique et psychologique… Alors pour les plus sensibles d’entre vous, quittez cet article illico ! Les autres, baissez les lumières… et c’est parti pour de l’horreur 100% française, de la vraie.

TITANE, de Julia Ducournau (2021) : le body horror à la française

Après une série de crimes inexpliqués, un père retrouve son fils disparu depuis 10 ans…

Julia Ducournau, la reine du body horror en France, aime jouer avec le corps humain des personnages qu’elle met en scène et pour cause, elle le fait à merveille. Après le retentissant Grave sorti en 2016, la réalisatrice diplômée de La Fémis rend à nouveau visite à ce sous-genre de l’horreur, pour nous pondre un film coup de poing, dérangeant au possible. Les acteurs sont habités et incarnent le propos avec brio… Foncez voir la Palme d’or au cinoche dans l’instant !

RUBBER, de Quentin Dupieux (2010) : quand le caoutchouc fait flipper

Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence…

Vous allez nous dire « Quoi ? Un pneu ? Mais c’est trop bizarre… » Eh non, ce n’est pas bizarre les amis… c’est Dupieux. Que faire face à un pneu qui roule tout seul et qui fait exploser des têtes ? Réponse : rien du tout. Ce n’est pas le film le plus terrifiant de la liste, mais c’est sans aucun doute le plus absurde, et assurément le plus drôle.

MARTYRS, de Pascal Laugier (2008) : à garder très loin des plus impressionnables

France, début des années 70 : enlevée quelques mois plus tôt, Lucie est retrouvée sur une route de campagne, incapable de raconter ce qu’elle a enduré…

Un film culte du paysage horrifique cinématographique français, mais à ne monter qu’à un public averti. Une violence omniprésente, des scènes de torture insoutenables qui vous donneront des haut-le-coeur, MAIS une résolution de fin tout de même vraiment intéressante qui vous laissera sans voix le temps du générique… Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? À vous de nous le dire…

HAUTE TENSION, d’Alexandre Aja (2003) : l’un des précurseurs du cinéma d’horreur en France

Dans une atmosphère sombre, deux adolescentes s’installent pour la fin de semaine dans une maison de campagne chez la famille de l’une d’elles…

Comment parler de films d’horreur frenchy sans mentionner Alexandre Aja ? Ça ne se fait pas. Le second long-métrage du Français, est sans nul doute l’un des films qui a redéfini l’horreur en France. Avec tout de même une certaine influence américaine – notamment du côté de Massacre à la tronçonneuse ou Scream -, on prend un réel plaisir coupable à voir les jeunes Cécile de France et Maïwenn batailler face à un tueur sans aucune pitié. À voir lors d’un séjour à la campagne cet été, en laissant une petite fenêtre ouverte quand même, au cas où…

À L’INTÉRIEUR, de Julien Maury et Alexandre Bustillo (2007) : la vengeance sur grand écran

Sarah passe seule le réveillon dans sa maison. Une femme étrange frappe à sa porte pendant la nuit, bien décidée à lui arracher le bébé de son ventre.

Une sombre histoire de vengeance mettant en scène Béatrice Dalle et Alysson Paradis, qui hérissera chaque poil de votre corps pendant 1h22 – on n’aurait pas tenu beaucoup plus que ça. Chaque minute du film parait comme 30, et l’on ne cesse d’espérer une fin heureuse à cette histoire de dingue. Qu’en sera-t-il réellement ? Réponse dans 82 minutes donc.

SHEITAN, de Kim Chapiron (2006) : le film qui dérange

Une bande de jeunes quitte Paris à la suite d’une bagarre en sortie de boîte de nuit. Ils suivent, alors, une séduisante jeune fille rencontrée dans la boîte, qui les invite chez elle à la campagne…

Sheitan – signifiant « diable » en arabe – est lui aussi un film à ne pas présenter à n’importe qui : une ambiance pesante, dans un environnement de campagne isolé de tout, qui laisse présager assez peu de chances de fuite à nos protagonistes en cas de danger… Les antagonistes y sont très dérangeants, de leur physique étrange à leur comportement, tout cela créant un subtil malaise tout au long du film. Les fans du genre y trouveront forcément leur compte, et l’on se réjouit de trouver Vincent Cassel, étonnant dans le rôle d’un campagnard très flippant. Et tiens, avez-vous reconnu le DJ présent dans la scène d’intro ?

Les films d’horreur français nous offrent un souffle nouveau sur le genre. Contrairement à leurs homologues américains, qui suivent très souvent une même recette bourrée de clichés – les démons et les fantômes qui terrorisent une famille par exemple -, les Frenchies produisent des films plus indé, plus chelous, avec bien moins de jump scares inutiles et une tension toute maîtrisée. Alors félicitations Julia !